Deux hommes brûlés vifs dans la nuit du 27 au 28 octobre 2021, un dossier resté sans suite pendant près de cinq ans. C’est ce que rappelle Philippe Roger Tamkou Ngouo, défenseur des droits humains basé à Bafoussam, dans une lettre ouverte datée du 24 juillet. Un confrère qui suit ce genre de dossiers dirait probablement : « Ça sent la justice à la carte, ce truc-là. »
Un drame ancien qui refait surface
Les faits se sont produits à l’entrée de la chefferie supérieure de Fondjomekwet, dans l’arrondissement de Bandja. Trois hommes soupçonnés de banditisme avaient été appréhendés par la population locale. Deux d’entre eux sont morts brûlés, dont un certain Simieu, originaire même du groupement.
Selon le témoignage rapporté dans la lettre, des proches du chef supérieur Yves Djoumbissie Kamga auraient été impliqués dans cette scène. Plusieurs descentes avaient pourtant eu lieu sur le terrain, sous l’autorité du procureur de Bafang et du préfet du Haut-Nkam. Mais rien n’a abouti depuis.
Cinq ans. C’est le temps qu’il aura fallu pour que quelqu’un ose remettre publiquement ce dossier sur la table.
Le parallèle qui dérange
Le dossier Baloum, lui, a été traité en quelques jours à peine. Le chef traditionnel a été écroué à Dschang pour l’immolation de deux jeunes hommes, une affaire qui a explosé sur les réseaux sociaux avant même que la justice ne s’en saisisse formellement.
Pour Tamkou Ngouo, la comparaison est difficile à éviter. Il y voit une justice à deux vitesses, où la viralité d’une vidéo pèserait davantage que la gravité des faits eux-mêmes. Difficile de ne pas y voir un aveu d’inaction sur le dossier de Fondjomekwet.
Le défenseur des droits humains réclame la réouverture immédiate de l’enquête. Il rappelle, à raison, qu’aucune prescription ne s’applique en matière criminelle au Cameroun. Ça pose question sur ce qui a réellement bloqué ce dossier pendant toutes ces années.
On ne sait pas encore si le parquet de Bafang va donner suite à cette interpellation.
Journaliste pour 237online.com, spécialisé dans les questions de société et la vie quotidienne des Camerounais.

