Collision au port de Douala : l’armateur du Black Rhino sommé de dégager le navire accidenté sous 15 jours


(Investir au Cameroun) – L’État du Cameroun a accordé un délai de 15 jours à l’armateur du Black Rhino pour dégager le navire, échoué dans le chenal du port de Douala-Bonabéri depuis la collision survenue dans la nuit du 11 au 12 juillet 2026. Le bâtiment transporte environ 150 conteneurs.

Dans un délai de huit jours, l’armateur devra transmettre le rapport définitif des experts mandatés, précisant l’option technique retenue ainsi qu’un plan détaillé des opérations. Les experts de Wave Group, spécialisé dans le sauvetage maritime, et de SMIT ont déjà rejoint Douala. Le navire MSM Dolores, qui pourrait participer aux opérations, serait par ailleurs prêt à appareiller de Bata, en Guinée équatoriale.

Le plan attendu devra préciser les différentes phases de l’intervention : stabilisation du navire, enlèvement progressif des conteneurs, moyens de levage et de remorquage, modalités de renflouement, mesures de sécurité, dispositifs de prévention de la pollution et calendrier prévisionnel d’exécution.

À défaut de transmission du plan dans le délai fixé, une mise en demeure de huit jours sera notifiée à l’armateur. Si la carence persiste, l’administration pourra procéder à l’exécution d’office des travaux, aux frais, risques et périls de celui-ci, conformément à la législation applicable.

Une collision dans le chenal d’accès

Ces mesures figurent parmi les recommandations issues de la réunion de crise présidée le 20 juillet 2026 à Douala par le ministre des Transports, Jean Ernest Massena Ngalle Bibehe.

La collision s’est produite dans la nuit du 11 au 12 juillet dans le chenal du port de Douala-Bonabéri. Elle a impliqué le Sea Honor, cargo battant pavillon des Tuvalu qui quittait le port, et le Black Rhino, navire sous pavillon chypriote qui s’apprêtait à y entrer.

Le Black Rhino a été touché à proximité de sa passerelle et menacé de submersion. Le Port autonome de Douala a immédiatement activé une cellule de crise. Le Sea Honor a pu être désengagé, puis remorqué vers une zone de mouillage pour des travaux de réparation.

Le Black Rhino a, pour sa part, été volontairement échoué le long de l’alignement des bouées rouges afin de prévenir son naufrage et de préserver autant que possible la circulation maritime. Les 15 membres de son équipage ont été évacués sains et saufs. Aucune perte en vie humaine n’a été enregistrée.

Des restrictions persistantes sur la navigation

La circulation maritime a repris quelques heures après l’accident. Mais la présence du Black Rhino et de ses conteneurs dans le chenal continue d’imposer des restrictions à la navigation.

Selon les premiers constats communiqués par le Port autonome de Douala, une perte de contrôle de la barre à bord du Black Rhino pourrait être à l’origine de la collision. Cette hypothèse reste toutefois à confirmer par l’enquête technique ouverte après l’accident.

Cette enquête doit établir les circonstances exactes du sinistre et déterminer les responsabilités éventuelles des deux navires, de leurs équipages et des autres intervenants dans les manœuvres d’entrée et de sortie du port.

Le maintien du navire dans le chenal expose le port à plusieurs risques : réduction de l’espace disponible pour les manœuvres, restrictions applicables à certains navires, ralentissement du trafic, hausse des délais d’attente et coûts supplémentaires pour les armateurs.

À ces contraintes opérationnelles s’ajoutent les risques de pollution liés à une éventuelle dégradation de la coque, à une fuite de carburant ou à la chute de conteneurs.

Un enjeu pour le principal corridor maritime du pays

Le port de Douala assure l’essentiel du trafic maritime du Cameroun et constitue le principal corridor de transit vers le Tchad et la République centrafricaine. Toute perturbation durable de son chenal est donc susceptible d’affecter les importations, les exportations et l’approvisionnement de ces deux pays enclavés.

L’ultimatum adressé à l’armateur traduit ainsi la volonté des autorités d’accélérer les opérations tout en faisant supporter leur coût au propriétaire du navire.

Au-delà du traitement immédiat de l’accident, l’incident remet en lumière les contraintes du chenal de Douala, soumis à un trafic important et à des limitations physiques qui réduisent les marges de manœuvre en cas d’avarie ou de collision.

Pour l’État, l’enjeu est à la fois sécuritaire et économique : dégager rapidement le navire, préserver la continuité des opérations portuaires et éviter que l’incident n’affecte durablement la confiance des armateurs.

Frédéric Nonos





Source link

View Kamer

FREE
VIEW