(Investir au Cameroun) – La Direction générale des impôts (DGI) a collecté 197,7 milliards de FCFA de taxe sur la valeur ajoutée intérieure au premier trimestre 2026, soit 8,2 milliards de moins que l’objectif de 205,8 milliards fixé pour la période. Malgré cet écart, l’administration fiscale a réalisé environ 96 % de sa prévision trimestrielle, selon le Document de programmation économique et budgétaire à moyen terme 2027-2029 du ministère des Finances.
Les recettes de TVA intérieure reculent également de 5,8 milliards de FCFA par rapport aux 203,5 milliards mobilisés entre janvier et mars 2025. La baisse atteint ainsi environ 2,9 % sur un an.
Cette contreperformance reste toutefois circonscrite à la TVA collectée à l’intérieur du pays par la DGI. Elle ne concerne pas la TVA prélevée par l’administration douanière sur les produits importés.
La TVA à l’importation compense le recul
Au premier trimestre 2026, la TVA à l’importation a généré 119,1 milliards de FCFA, contre 112,6 milliards un an auparavant. Elle progresse ainsi de 6,5 milliards de FCFA, soit environ 5,8 %.
En additionnant la TVA intérieure et celle collectée à l’importation, les recettes totales de cet impôt atteignent 316,8 milliards de FCFA au premier trimestre 2026, contre 316,1 milliards à la même période en 2025. Toutes composantes confondues, les recettes de TVA sont donc pratiquement stables, avec une légère hausse de 700 millions de FCFA.
Cette évolution nuance l’hypothèse d’une baisse générale de la consommation au Cameroun. Le recul de la TVA intérieure peut certes refléter une évolution moins favorable de la consommation taxable ou de l’activité des entreprises locales. Mais il peut aussi résulter de décalages de paiement, d’exonérations fiscales, de remboursements de crédits de TVA ou de difficultés de recouvrement.
Le document budgétaire ne fournit pas suffisamment d’éléments pour déterminer la contribution précise de chacun de ces facteurs.
Un impôt supporté par le consommateur final
La TVA est un impôt indirect supporté, en principe, par le consommateur final. Les entreprises l’ajoutent au prix des biens et services vendus à leurs clients. Elles déduisent ensuite la TVA payée sur leurs propres achats professionnels, avant de reverser la différence à l’administration fiscale.
Au Cameroun, le taux général de TVA est fixé à 19,25 %. Tous les biens et services ne sont cependant pas taxés de la même manière. Certaines opérations bénéficient d’exonérations, de taux particuliers ou de régimes fiscaux spécifiques.
Ces avantages peuvent notamment être accordés pour soutenir certains investissements, réduire le coût d’équipements jugés prioritaires ou limiter l’impact de la fiscalité sur le prix de produits essentiels.
La TVA intérieure constitue la première source individuelle de recettes de la DGI et l’un des principaux prélèvements du système fiscal camerounais. La loi de finances 2026 prévoit une collecte annuelle de 1 282,1 milliards de FCFA au titre de cet impôt.
Il serait toutefois trompeur de diviser mécaniquement cet objectif par quatre et d’en déduire que la DGI devait mobiliser 320,5 milliards de FCFA chaque trimestre. Les prévisions budgétaires tiennent compte du calendrier des déclarations et paiements, de la saisonnalité de l’activité économique ainsi que des régularisations fiscales.
Pour le premier trimestre, l’objectif officiel était bien de 205,8 milliards de FCFA. Avec 197,7 milliards collectés, la DGI accuse donc un déficit limité à 8,2 milliards, et non un retard de plus de 120 milliards par rapport à une moyenne trimestrielle théorique.
La principale alerte réside davantage dans le recul de 2,9 % de la TVA intérieure sur un an. La progression de la TVA à l’importation a cependant permis de stabiliser les recettes globales de cet impôt au cours des trois premiers mois de 2026.
BRM

