Les téléphones non déclarés en douane seront coupés du réseau mobile au Cameroun dès le lundi 25 mai 2026. La Direction générale des douanes a notifié Camtel, MTN Cameroun et Orange Cameroun de procéder au blocage effectif de tous les terminaux non enregistrés sur la plateforme nationale d’identification. La mesure s’appuie sur l’article 6 de la loi de finances 2023.
Une instruction officielle aux trois opérateurs
Le texte est formel. Les opérateurs sont sommés de bloquer l’accès au réseau local de tout terminal non dédouané, sous peine d’engager leur responsabilité directe. La correspondance officielle, signée par la Direction générale des douanes du ministère des Finances, précise que « toute connexion au réseau local d’un terminal non dédouané engage la responsabilité de la société de téléphonie permissive ».
La décision conjointe qui fonde cette instruction remonte au 25 mars 2026, signée avec le ministère des Postes et Télécommunications. Deux mois, donc, pour que les opérateurs s’organisent.
La plateforme d’identification nationale centralise les données des équipements connectés au réseau camerounais. Tout appareil absent de cette base, qu’il soit importé sans déclaration ou acquis en dehors des circuits officiels, sera désormais détecté et coupé. Les opérateurs devront intégrer des mécanismes techniques capables de repérer ces terminaux en temps réel. Une contrainte organisationnelle et technologique non négligeable pour des entreprises qui gèrent chacune plusieurs millions d’abonnés.
Qui risque d’être coupé, et pourquoi ça change quelque chose
Les appareils concernés sont ceux introduits sur le territoire sans paiement des droits et taxes exigibles : téléphones, tablettes, autres terminaux numériques importés hors circuit officiel. On ne sait pas encore combien de terminaux sont dans cette situation, mais les données disponibles sur la pénétration mobile en Afrique centrale laissent penser que le volume est significatif.
Pour les utilisateurs, le risque est concret. Un téléphone non enregistré pourrait devenir inutilisable pour les appels, les SMS et les données mobiles. Les autorités invitent les usagers à vérifier leur situation sur la plateforme dédiée avant la date butoir.
L’enjeu fiscal est réel. Le marché des smartphones connaît une croissance soutenue au Cameroun, portée par l’essor des services numériques. Une portion de ce marché échappe aux recettes douanières. C’est précisément ce que cette réforme cherche à corriger, en rendant incontournable le passage par les circuits officiels.
Le signal envoyé aux importateurs informels est difficile à ignorer.
Journaliste économique pour 237online.com, Laurent Diby couvre les finances publiques, l’énergie, les infrastructures et les marchés camerounais.

