(Investir au Cameroun) – Le ministère de l’Eau et de l’Énergie n’a pas réussi à présélectionner suffisamment de cabinets pour poursuivre la procédure de recrutement d’un consultant chargé d’élaborer la future politique tarifaire de l’électricité. Cet échec intervient alors que le gouvernement envisage un ajustement ciblé des prix pour certains consommateurs professionnels.
Le ministère de l’Eau et de l’Énergie (MINEE) a déclaré infructueux l’avis de sollicitation à manifestation d’intérêt (ASMI) lancé le 23 mars 2026 en vue du recrutement d’un consultant chargé d’élaborer une politique tarifaire de l’électricité au Cameroun. La décision figure dans une communication signée en avril 2026.
Selon le ministre de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba, la procédure n’a pas permis d’atteindre le nombre minimal de candidats préqualifiés requis pour engager un appel d’offres restreint, conformément à l’article 76, alinéa 4, du Code des marchés publics. Autrement dit, les cabinets jugés techniquement recevables à l’issue de la présélection n’étaient pas assez nombreux pour permettre la poursuite du processus.
L’étude visée devait servir de base à la définition d’une nouvelle politique tarifaire de l’électricité, dans un secteur confronté à des tensions persistantes sur ses équilibres économiques. Pour les pouvoirs publics, l’enjeu consiste à concilier la soutenabilité financière des opérateurs, la maîtrise des coûts de production et de distribution, ainsi que l’accès des ménages et des entreprises à une énergie fiable à un prix abordable.
D’après les termes de référence, la mission confiée au consultant devait couvrir l’analyse du cadre tarifaire existant, l’évaluation des coûts de production, de transport et de distribution, ainsi que l’étude de l’impact socio-économique des tarifs sur les ménages et sur les entreprises. Le cabinet retenu devait également proposer une nouvelle politique tarifaire nationale, assortie d’un dispositif institutionnel et réglementaire de mise en œuvre.
À travers cette étude, le gouvernement entendait renforcer la régulation du secteur et améliorer la transparence dans la fixation des tarifs, dans un contexte marqué par l’ambition d’élargir l’accès à l’électricité. Le futur dispositif devait notamment intégrer des mécanismes de tarification sociale, de subventions ciblées et d’ajustement périodique des prix en fonction des coûts réels du système électrique.
Le MINEE recherchait, pour cette mission, des cabinets justifiant d’une expérience avérée en tarification de l’électricité, en régulation des services publics et en réformes économiques du secteur de l’énergie. Les équipes attendues devaient réunir des profils spécialisés en économie de l’énergie, modélisation tarifaire, finances publiques et droit de la régulation.
L’échec de cette procédure intervient alors que la question tarifaire revient au premier plan. Le gouvernement envisage une hausse de 15 % des tarifs de l’électricité en basse tension pour les consommateurs professionnels dont la consommation dépasse 220 kWh. Cette orientation s’inscrit dans un contexte de gel prolongé des prix en basse tension, en vigueur depuis 2012, malgré la progression des coûts de production, d’achat d’énergie et d’exploitation.
Pour les autorités, cet ajustement constituerait une correction partielle destinée à alléger la charge supportée par l’État et à contribuer au redressement financier du secteur électrique, qui reste affecté par des déséquilibres structurels. Dans ce contexte, l’absence, à ce stade, de consultant chargé de formaliser une nouvelle doctrine tarifaire risque de retarder la refonte du cadre de fixation des prix.
Amina Malloum

